L’avenir de la masculinité : comment vaincre les stéréotypes

Les préjugés et les stéréotypes nous touchent tous:  les hommes, tout comme les femmes, sont limités par les stéréotypes et pénalisés s’ils agissent en dehors de leurs rôles de genre traditionnels. Une étude a révélé que plus d’un tiers des jeunes garçons pensent que la société attend d’eux qu’ils soient forts et durs. 

En ce qui concerne les hommes, les stéréotypes de genre et les attentes culturelles peuvent par exemple les faire hésiter à prendre un congé parental de peur d’être stigmatisés ou d’être pénalisés dans leur travail.  Les recherches menées à ce sujet révèlent que si la moitié des pères pensent qu’ils devraient en assumer la propriété, seuls 36% prennent réellement les congés qui leurs sont pourtant autorisés. Et les performances sexuelles sont également concernées par ces mêmes assignations, qui peuvent être pesantes et aggraver d’éventuels troubles de l’érection, par exemple. 

Pourquoi dépasser les stéréotypes de la masculinité ?

En quoi ces stéréotypes peuvent-ils être néfastes ?

Au Etats-Unis, la marque de rasoirs Gillette a lancé une campagne publicitaire plutôt ambitieuse :  « Nous croyons que les meilleurs hommes peuvent être… ». Elle remet en question certains des stéréotypes qui freinent les hommes et met en lumière leur capacité à incarner des modèles positifs, permettant ainsi d’ouvrir le débat pour dépasser la définition plutôt étroite de ce que signifie être un « vrai » homme.

Le fait est qu’il existe des stéréotypes néfastes sur ce que signifie être un homme, en se concentrant sur les dynamiques de pouvoir, la domination des autres hommes, l’assujettissement des femmes, la violence et l’agression. La publicité souhaite dépasser cette vision des choses pour qu’être un homme ne soit pas synonyme avec une masculinité toxique. 

Le problème consiste plutôt à adhérer à certains stéréotypes traditionnels de la masculinité, ce qui peut être préjudiciable et a appelé les hommes à se libérer et à devenir meilleurs. Un parti pri qui a déclenché un débat houleux et des réactions défensives. Un peu comme les réactions au mouvement Me Too qui ont eu tendance à donner une image dangereuse de femmes. 

Vers une redéfinition du rôle des hommes ?

La vérité est que certains stéréotypes liés au genre peuvent empêcher les hommes et les femmes d’être les meilleures version d’eux-mêmes possibles et avoir un impact sur notre santé mentale. Par exemple, les nouvelles directives de l’American Psychological Association pointent l’importance de ces assignations dans les symptômes de maladies cardiovasculaires, à la fois chez les hommes et les femmes. 

L’injonction à la masculinité peut également se révéler toxique dans la chambre à coucher. De nombreux hommes, victimes du fameux syndrome du vestiaire, et complexés par la taille de leur sexe ou par leurs performances sexuelles rencontre ainsi des difficultés à avoir des érections. Un cercle vicieux peut par la suite s’instaurer, créant un stress lié à l’intimité physique, et à la peur de ne pas coller à l’image de l’homme viril, ce qui peut aggraver le problème. Reprendre confiance en soi, et se dégager de ces assignations toxiques peut être une solution. Tout comme la prise de stimulants sexuels comme le Viagra – que d’ailleurs désormais même des femmes utilisent, sous une forme légèrempent différente du nom de Lovegra, qui se sont révélés très efficaces pour les uns et les autres.

La publicité de Gillette a contribué à déclencher une conversation sur les stéréotypes préjudiciables à la masculinité, au pouvoir et à l’égalité. Certains critiques pensent que Gillette est sortie de son rôle en prônant un message politique. Mais on peut au contraire se réjouir de ces prises de position qui permettent d’élever le débat, dans toutes les sphères de la société.  Après tout, les médias définissent la culture et la culture définit le changement. Les français peuvent voir des milliers de messages publicitaires par jour. Il est donc important qu’ils puissent être émancipateurs, car ils influencent notre perception du genre.

Être conscient du problème pour impacter le changement 

Lorsque nous prenons conscience d’un problème, il est de notre devoir d’impacter le changement. Nous réaliserons davantage de progrès lorsque nous comprendrons et intégrerons que l’égalité des genres n’est pas une préoccupation exclusivement féminine, mais bien un sujet qui doit tous nous toucher, car l’égalité profite à tous.  

L’égalité des sexes est par exemple profitable économiquement. Une récente étude a ainsi révélé que réduire l’écart salarial permettrait à l’économie américaine de générer 2 milliards de plus en une année. N’oublions pas que les femmes prennent 85 % des décisions d’achat, et qu’elles injectent donc énormément d’argent dans l’économie. 

Au delà de ces considérations économiques, l’égalité et le dépassement des injonctions à la virilité aidera  les deux sexes à mieux s’épanouir. Par exemple, les hommes occupant des postes de direction aideront non seulement les femmes à progresser. Mais ils élargieront aussi leurs propres réseaux et, par conséquent, leurs sphères d’influence.



Les commentaires sont fermés.